S’adressant à un très vaste auditoire, comme à chaque jour, Monsieur Rock Guertin animait son émission de ligne ouverte sur les ondes de CHLT Radio Sherbrooke, lorsqu’un intervenant demanda de l’aide pour une famille dans le besoin.


 

Sans hésitation, Monsieur Guertin invita l’auditeur à lui communiquer, en dehors des ondes, les coordonnées de cette famille, et ainsi, à deux jours de Noël de cette année 1982, s’ouvrit la première page de cette belle histoire de générosité.

À l’heure où les employés de la station rentraient de la pose du midi, plusieurs croisèrent des visiteurs les bras chargés de nourriture. Ils répondaient à l’appel de Monsieur Guertin, qui sous l’impulsion d’un geste du cœur, consacra le reste de son émission à chercher du soutien pour cette famille démunie et quelques autres qui se manifestèrent.

Dans les heures qui suivirent, tout le personnel s’impliqua dans une joyeuse effervescence. Le centre de l’espace du bâtiment de la rue Bryant devint le quartier général d’une mise en œuvre improvisée pour recevoir, sélectionner, empaqueter et livrer son premier Panier de l’Espoir, un total de quatorze boîtes.

À la suite de cet événement, des appels en ondes lors de ses émissionset un large volume de courrier incitèrent Monsieur Guertin à former une équipe de bénévoles pour prévoir, l’année suivante, une structure capable de répondre plus largement à une très forte demande.

Le local de CHLT RADIO devint vite exigu et la Sûreté du Québec de Sherbrooke, déjà impliquée dans une distribution de panier de Noël, suggéra de déménager toute l’opération dans ses locaux situés dans leur édifice, rue Don Bosco.

Quelques semaines avant les Fêtes, le même scénario reprenait, d’année en année. Les gens téléphonaient, écrivaient, réclamaient l’assistance de Monsieur Guertin. Un vaste rituel s’établit, impliquant de plus en plus de bénévoles, dont la majorité du personnel de la station. Cette grande collecte de nourriture devenait un événement majeur, favorisant l’esprit d’équipe, entraînant une atmosphère magique à la radio.

En plus de son message incitant àla générosité, les ondes transmettaient le témoignage souvent très chaleureux, de bénéficiaires reconnaissants. L’aimable formule attirait la sympathie des auditeurs, et facilitait le recrutement. Des gens d’un peu partout en région, et de tous les milieux, s’offraient avec empressement pour servir la cause, et tenir avec honneur et fierté, un rôle si minime soit-il, dans l’organisation qui prenait forme de bouclier contre la morosité.

Entre temps, pour désigner l’œuvre, l’animateur Jean-Marc Rancourt parlait régulièrement du « Panier de l’Espoir» ; le nom fut retenu et devint incorporé en 1994.

Le succès de l’entreprise élargissait son action, et pour contenir ses opérations, réclamait encore plus d’espace, mettant ainsi fin au séjour dans les locaux de la Sûreté du Québec.

C’est ainsi qu’en 1990, avec des demandes d’aide à la hausse et l’abondance des provisions, Monsieur Guertin transportât ses troupes grandissantes dans l’édifice CÉRAS.

Cette même année vit la création de la FONDATION ROCK GUERTIN INC., organisme sans but lucratif dont l’objet principal demeure le « Panier de l’Espoir » avec des horizons permettant de promouvoir d’autres objectifs de solidarité.

Depuis, au prélude des Fêtes, le centre CÉRAS servant d’entrepôt, ressemble à un authentique commerce d’alimentation. Véritable fourmilière où s’affairent des dizaines de bénévoles. À l’aide d’un bon de commande spécifique, ils y circulent, pour cueillir au travers les étalages, le contenu d’un panier que d’autres bénévoles livreront à domicile.

Mais d’abord, le long processus de générosité s’organise autour d’événements bien orchestrés. Un cocktail vins et fromages souligne le coup d’envoi du Panier de l’Espoir. L’occasion permet de solliciter les gens d’affaires de la région qui de manière générale répondent positivement.Ensuite une pièce décisive de l’artillerie pour recueillir des fonds, le Radiothon sur les ondes de CHLT RADIO. Pour une bonne partie de la journée, des animateurs entourent Monsieur Guertin dans sa grande quête auprès du public.

Le hall de la station devient le théâtre où s’expriment d’anciens et nouveaux serviteurs de la cause.

Au fil des ans, le cadre du Radiothon s’ajuste aux circonstances et au goût du jour.

Des téléphonistes enregistrent les contributions d’auditeurs, d’autres préfèrent se présenter sur les lieux, permettant quelques scènes riches d’émotions. Effectivement, parfois des enfants aux visages radieux viennent déposer le résultat d’une collecte à l’école. Quelquefois, c’est une mère de famille, ou un employé représentant ses collègues de travail qui se manifeste.

Le Radiothon, en plus de fournir un apport financier substantiel qui servira particulièrement pour l’achat des denrées périssables, agira également comme moteur de sensibilisation. Au lendemain du Radiothon, un décompte est lancé jusqu’au grand jour de livraison.

Parallèlement les forces s’organisent, avec l’aide et la collaboration de plusieurs organismes et fondations tels que : le quotidien La Tribune, le journal La Nouvelle, L’Omnium de golf PréciGrafik, la journée TÉLÉ-7, la collecte de fonds CKSH-TV (maintenant Radio-Canada Estrie), les Hommes d’Affaires sur Glace du Super Marché Landry, entre autres.

Des supports visuels transmettent également le message. Par exemple, des affiches du Panier de l’Espoir sont visibles en plusieurs endroits, particulièrement chez certains commerçants collaborateurs. Souvent les affiches jouent double emplois, plus précisément dans les supermarchés où des emplacements sont prévus, permettant aux gens d’y déposer des denrées non périssables.

Au même instant de cette vaste sollicitation, un comité analyse les demandes en provenance de Sherbrooke. À partir des critères d’admission, chaque cas sera soigneusement étudié et minutieusement considéré avant d’être sélectionné.

De la première demande jusqu’au dernier panier livré, Monsieur Guertin comme un chef d’orchestre, harmonise et surveille toute l’opération. Souvent inquiet, mais toujours constant dans l’effort, il dirigera jusqu’au mouvement final, le jour ultime de la distribution.

Puis le grand jour se présente. Le moment venu, approximativement une semaine avant Noël, tous les rouages de la distribution s’engrangeront. Un rassemblement extraordinaire de bénévoles, plus de cinq cents, assure l’accomplissement de cette journée de conclusion, dont le compte rendu sera diffusé par plusieurs médias. En particulier, l’événement donnera lieu à une émission-reportage exceptionnelle, sur les ondes de CHLT RADIO.

Empruntant le format d’un radiothon, l’émission spéciale diffusée en direct, couvrira par le menu détail, l’ensemble des opérations. Encore pour cette fois, les animateurs de la station, accompagneront Monsieur Guertin et son équipe, jusqu’au terme du périple, en décrivant au mieux, un travail à la chaîne, effectué dans une bonne humeur aussi communicative, que gratifiante.

Pour ce dernier coup d’archet, les portes de l’édifice CÉRAS s’ouvrent aux visiteurs désireux d’ajouter une contribution, ou simplement venir saluer et encourager les artisans, d’une œuvre entrée dans les mœurs des Sherbrookois, et absolument indispensable au bonheur de plusieurs…

Au 25e anniversaire de son Panier de l’Espoir, la Fondation Rock-Guertin avait distribué plus de 200,000 boîtes de denrées alimentaires, et par le truchement de différentes autres implications, continue d’alléger le fardeau d’une souffrance, dont chacun à sa part de responsabilité.

Longue vie au Panier de l’Espoir!